Festival Avignon In 2018 - Rencontre Avec Ivo van Hove / "De dingen die voorbijgaan"

Durée : 4min 29sec | Postée : Il y a 5 mois
Tags : Hugo Valat
Chronique critique (PDF)

Au centre de la scène, deux très vieux amants attendent la mort, persuadés que personne ne connaît l'horrible secret qui les lie. Leurs enfants et petits-enfants essaient en vain de s'en libérer ; les fardeaux familiaux se transmettent toujours de manière souterraine. De la société rigide de La Haye, dépeinte dans le roman de Louis Couperus, Ivo van Hove conserve l'atmosphère étouffante, l'aspect tragique. La scène, salle d'attente ou purgatoire, est l'espace de toutes les désillusions, un abîme, emprisonnant les sentiments dont on ne sait plus s'ils s'apaisent ou se déchaînent. Dans une résonance pulsatile, une horloge égrène le temps. Course inéluctable... En noir, les personnages tel un choeur antique portent en eux une angoisse qui prend en étau, bloque les désirs, asphyxie les aspirations. Les émotions parfois délicates restent avant tout crues, souvent abrasives, sans aucun répit pour ce fil générationnel pris au piège. Ivo van Hove, curieux des intuitions si contemporaines de Louis Couperus, a choisi de réfléchir aux moyens d'échapper à son destin, à son héritage. N'y a-t-il pas d'autres formes de relations à inventer en dehors de la classique famille ?